Chaque jour que le bon dieu fait, nous misérables mortels, sommes des parleurs en puissance. Qui de nous pourrait passer une journée sans placer un mot, insignifiant soit il. Dans notre langage, nous privilègions une forme qui nous est très chère, j'ai nommé l'interrogation. Eh oui nous adorons poser des questions à autrui et pas toujours à bon escient c'est vrai. Parler des curieux ou des maladroits n'est pas le propos ce soir.
Il existe une question que nous avons eu à y répondre des milliers de fois…suspense… vous avez trouvé ? Banco ! oui c'est bien "comment ça va ?" et ses variantes : "wach rak ?", "kifech ?", "alors ?" euh y en a plein, même des très originales.
Chez nous, cette question peut servir d'antidépresseur, de calmant car souvent le simple fait de la poser à un ami, suffit pour que ce dernier vide tout son sac à problème : l'insomnie de la veille, les maux tête, la vieille tante qu'il n'apprécie pas et qui a passé toute la journée chez lui, plus de sous pour finir le mois, TPS ne passe plus, enfin la liste est longue.
Vous remarquerez qu'il est rare que nous ayons droit à un "ça va très bien." Et c'est dommage car c'est la meilleure réponse qu'il soit, elle coupe court aux imbécillités que nous pourrions lancer pendant de longues minutes, et c'est cette réponse avec un "el hamdoullah" en sus, qui serait le meilleur antidépresseur pour nos âmes meurtries. Attention, ceci ne signifie aucunement que j'essaie de convertir des gens à la neutralité, à la froideur ou au laxisme, c'est juste que je suis convaincu que ne pas se plaindre tout le temps est un premier grand pas vers le repos de nos esprits.

